Coup de gueule contre la FIA, après la sanction infligée à Renault en Hongrie
Gros coup de gueule contre la FIA au lendemain du grand prix de Hongrie 2009 de F1, qui a vu la victoire de Hamilton, mais surtout la sanction lourde envers l’écurie Renault, l’interdisant de participer au prochain grand prix, dans quatre semaines, à Valence (Espagne).
Pourquoi une telle sanction privant l’espagnol d’une course à domicile, devant ses fans, toujours très très nombreux au rendez-vous ? Renault aurait-il pu éviter cette sanction ? Et est-elle justifiée?
Retour sur un des nombreux faits marquant de ce triste week-end de F1 à oublier rapidement…
Rappel des faits
Alonso part en pôle pour la première fois de la saison lors de cette dixième épreuve de la saison. Certains parlent d’un exploit du pilote espagnol, d’autres d’un retour au premier plan de l’écurie française…
Après un départ favorable à l’espagnol, celui ci effectue un bon premier run, bien que l’anglais Hamilton, en très grande forme, se fait de plus en plus menaçant… Puis vient le ravitaillement d’Alonso, assez tôt dans la course, et pour cause : Un problème de télémesure empêchant le stand de connaitre le niveau exacte d’essence dans la voiture de Fernando.
Le ravitaillement de l’espagnol semble bien se dérouler et ce dernier repart à l’assaut de la première place, quand très vite, il ralentie et alerte son équipe : Il y a un déséquilibre important sur la voiture, et une vibration assez forte venant de l’avant droite. On croit dans un premier temps à une crevaison. Puis non, la caméra embarquée montre qu’Alonso vient de perdre l’écrou de sa roue, puis la flasque… Alors très au ralenti, il finira par perdre sa roue, qui ira stopper sa route le long d’un rail après plusieurs rebonds sur le bas côté de la piste. Le pauvre Alonso regagnera alors le stand sur trois roues, en prenant conscience qu’il vient de perdre la victoire, le podium, les points… bref, il a perdu sa course…
Après un passage au stand, il abandonnera trois tours plus tard, sur un problème avec l’arrivée d’essence, conséquence directe des vibrations et du coup violent provoqué par la roue juste après sa désolidarisation avec la voiture…
Ce n’est que quelques minutes après l’arrivée que la nouvelle tombe :
« Le compétiteur Renault est suspendu du prochain évènement du Championnat du monde de Formule 1 2009″, affirme la FIA dans un communiqué.
La raison : Son pilote Fernando Alonso a « volontairement quitté les stands sans un écrou de sécurité maintenant l’une de ses roues, ce qui est une indication que la roue elle-même pouvait ne pas être proprement sécurisée », selon la FIA.
Sanction justifiée?
La FIA reste le seul maître à bord et on ne peut donc que respecter cette décision, même si Renault a choisi (à juste titre, selon moi) de faire appel.
En effet, comment peut-on affirmer qu’un pilote, alors en tête du grand-prix, « a volontairement quitté les stands sans un écrou de sécurité », synonyme de perte de roue, synonyme de défaite assurée… ??? …
Surtout quand le pilote est un double champion du monde ?
On reproche à Renault de ne pas avoir communiqué assez rapidement à Alonso la gravité des conséquences possibles de rouler sans écrou… Mais en F1, tout va tellement vite qu’on peut se demander si c’était possible de mieux faire : A peine sorti des stands, Alonso a prévenu son stand du problème, pensant à une crevaison… et quelques mètres après, effectivement, on s’est rendu compte que ce n’était pas cela, mais bel et bien un problème avec l’écrou…
Ainsi, à chaque fois que le pilote a le moindre doute, il devrait abandonner et se mettre sur le côté? Même si le pilote se bat pour la victoire?
Mauvaise gestion des émotions ?
Toutes les personnes à qui j’ai expliqué mon coup de gueule, m’ont répondu : « Ben oui, mais après le weekend, l’accident de Massa, et aussi le tragique accident de Surtees une semaine avant, la FIA n’a voulu prendre aucun risque… ». Ça peut se comprendre, quoi que…
Ce qui s’est passé avec Surtees est terrible, et tragique (voir l’article « Quand le destin s’invite en sport auto » sur ce présent blog), mais c’est un fait de course comme un autre : Un pilote fait une sortie de route, et des débris rebondissent au mauvais endroit, au mauvais moment… C’est le hasard… Le destin… Et personne n’y peut grand chose… Alors oui, Alonso aurait pu blesser quelqu’un avec sa roue, lui aussi, mais c’est la course… et la sanction n’est t’elle pas l’abandon d’Alonso, trois tours après?
La FIA était-elle encore sous le coup de l’émotion de l’accident de Massa?
En effet, si les deux accidents (de Surtees et Massa) n’avaient pas eu lieu, Alonso et Renault auraient-ils eu cette sanction si lourde ? Non, j’en suis convaincu… et pourtant, rien n’a changé avant et après, en terme de réglement… Seul l’émotionnel était présent… puisque chacun avait en mémoire Surtees et Massa… Mais depuis quand est-ce l’émotion qui dicte les lois d’un sport?
A qui la faute?
Alors oui, il y a eu une faute, puisqu’ Alonso a perdu un écrou… Mais est-ce la faute du pilote ? Non. Est-ce la faute de Piquet, le second pilote Renault? Non. Pourquoi donc sanctionner ainsi les deux pilotes en les privant de participation au prochain grand prix ? N’aurait-ce pas été mieux de sanctionner l’équipe, soit par une amende, soit par un gel des points constructeurs pour les X prochains grands-prix ? (même si cela aurait été encore trop démesuré par rapport à cet erreur « de course »)
Pourquoi sanctionner les pilotes ? D’autant que cela signifie que le héros national espagnol ne sera pas au rendez-vous à Valence… Ce qui ne va pas motiver les supporters à se déplacer… Renault de retour au premier plan aurait en revanche été l’occasion où jamais au « AlonsoBoys » de venir le soutenir à 256%… mais il semblerait que la FIA aime gâcher les rêves en ce moment…
Ainsi, lors du précédent grand-prix d’Allemagne, la FIA avait déjà été scandaleuse en infligeant une pénalité à Webber alors en tête, pour les contacts qu’il a eu au premier virage, alors qu’il s’agissait là encore d’un fait de course… Heureusement, ce dernier avait pu finir premier, après une course remarquable…
On est très loin dans les deux cas, d’une faute anti-sportif du pilote, comme avait pu le faire un certain M. Shumacher (contre Villeneuve en 1997 ou encore à Monaco, il y a 3 ans)… Dans le cas de Renault, seul l’équipe peut en être tenu responsable, et dans le cas de Webber, c’est un évènement de course qui arrive, surtout lors d’un premier virage où 20 F1 surpuissantes abordent un virage plus que délicat…
Tout cela pour dire que j’espère sincèrement que raison sera donnée à Renault… car ce n’est pas en infligeant ce genre de sanctions stupides que Massa va guérir plus vite, ou que Surtees va revenir sur ce monde…
Par contre, c’est bien à la FIA de réfléchir sur plus de sécurité à ce sujet…
Pour finir, je dirais comme mon ami Benoit, dans un de ses commentaires sur mon article cité ci-dessus :
Ce weekend, en F1, on pouvait perdre un ressort qui a presque tué un pilote, mais on ne pouvait pas perdre une roue qui a juste engendré… l’abandon du pilote concerné… Drôle de week-end… Drôle de règlement…
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