Concert : The Cranberries, au Zenith de Lille
Après sept ans d’absence, c’est à Lille que « The Cranberries » ont choisi de débuter leur tournée européenne, qui sera composée de 18 dates en France… rien que ca.
Nouvel album? nouveaux tubes? Du tout. Après une trève qui aura permis à chacun des membres de bosser sur leur carrière solo respective, ils se sont retrouvés pour nous interpréter leurs plus grands succès… pour notre plus grand plaisir…
Et c’est ainsi que je me suis retrouvé, ce lundi 1er mars, au Zenith de Lille, parmi les 6500 personnes, venues assister au concert de ce groupe très rock, très années 90, qu’on ne connait finalement que très peu…
Je ne peux m’empêcher de vous faire partager cette soirée qui fut très douce et très électrique… afin de vous donner envie de participer à votre tour à un des concerts de cette tournée… car vous ne le regretterez vraiment pas !
« Outside Royalty », en attendant Dolores…
Sur toute la tournée européenne des Cranberries, c’est le groupe londonien « Outside Royalty » qui assure la première partie. C’est donc eux qui entrent sur scène à 20h00 pile, pour faire patienter le public. Et ils n’ont font patienter de la meilleure des manières, en nous offrant du bon rock anglais.
Je ne connaissais pas du tout ce groupe, mais j’ai vraiment été séduit par leur musique, dont les thèmes sont joués au violoncelle. Du coup, c’est un rock très mélodieux, mélange de duretés électriques et de douceurs « violoncelliques » qu’ils nous ont joué pendant 30 minutes. Le son du synthé rappelle les années 80 (« Cure », « Depech Mode », « The Who »)… même si l’ensemble se rapproche un peu des « Smashing Pumpkins ».
Le public a semblé apprécier. Moi, j’ai adoré ! Je vais donc leur faire un peu de pub ici :-) Ils s’appellent « Outside Royalty » et leur myspace est http://www.myspace.com/outsideroyalty. (Ecoutez leur titre « Palladium »… vraiment pas mauvais ou encore « Voice Beneath the Rubble » qui a bien fait bouger le public)…
Un nouveau départ vers le passé…
Et c’est à 20h50 qu’ils arrivent sur scène… Ceux pour qui le public du Zenith bien rempli s’était réuni ce soir.
The Cranberries monte sur scène, en toute simplicité en interprétant le morceau « How »… Ce titre est tiré du premier album du groupe « Everybody Else Is Doing It, So Why Can’t We? »… C’est désormais officiel, ce soir, The Cranberries ressortent les vieux morceaux… et c’est pas nous qui allons nous plaindre ! Le public, peut-être un peu frustré de ne pouvoir chanter sur ce premier titre, qui n’est pas le plus connu du groupe, sera vite consolé par leur second titre : « The Animal Instinct », que Dolores O’Riordan nous présente comme le titre qu’elle a écris lorsqu’elle attendait un de ses quatre enfants… Et sur ce morceau, le public de Lille est définitivement dans le mouv’. Ca y est, on a retrouvé les Cranberries qu’on connaissait… La soirée peut commencer.
S’enchaine alors une série d’une dizaine de titres que les Cranberries interprètent sans réellement prendre de risque : Ils sont joués tels qu’ils le sont sur les albums studio. Mais en même temps, ca nous suffit largement, compte tenu de la qualité de leur interprétation. Le batteur, Fergal Lawler est déchainé et montre tout son talent dans des breaks carrés mais bien puissants… J’aime !!! Quant à Noel Hogan, à la guitare, il est bien chaud aussi… lors de ses solos, où il n’hésite pas à se mettre à genou, à sauter, à suer de grosses goutes, pour faire monter la pression (pourtant déjà bien haute, dans le Zenith)
Ce qui surprend, c’est la durée des morceaux… Entre 2 et 3 minutes en moyenne. Du coup, pour les morceaux qu’on aime moins, c’est pas mal. Pour les morceaux qu’on adore, c’est assez frustrant…
Entre deux, Dolores se confie, nous parle de ses enfants, de ses nuits d’insomnie où elle profite pour écrire des chansons qui deviendront bien souvent des tubes… Elle parle avec son public qui lui a manqué, le tout dans un franglais, parfois difficile à comprendre… Ce soir, j’ai eu l’impression que les Cranberries ont manqué à leur public autant que le public a manqué aux Cranberries
Après 1h15 de concert, le groupe s’en va… Le public, bien chaud, claque des mains, réclame un bis, crie, frappe des pieds, se fait entendre… 1 minute, 2, puis 5 minutes… Et toujours rien. Pourtant, la salle reste dans le noir… Par vague, le public se fait entendre de plus en plus fort… Et après plus de 10 minutes d’acclamation, ils reviennent… Nouvelle tenue pour Dolores, qui a laissé tomber le pantalon rouge, très junky, pour une robe blanche, plus féminine… Ils nous interpréte deux titres en acoustique « Empty » et « Shattered »… ou des bongos et un tambourin remplacent la batterie… avant que le rock ne reprenne ses droits pour des morceaux tels que le très bon « Salvation » ou « Zombie », qui mettent en extase tout un public qui se déchaine enfin…
Enfin, le groupe annonce leur dernier titre, le joue et quitte la scène. Les lumières se rallument instantanément… C’est fini. Ils ne reviendront plus. Le concert a duré 1h30… Nous avons eu droit à tous les plus grands titres. Nous avons eu le droit à un groupe en pleine forme, sincère, bien mis en avant par leur chanteuse, en grande forme… Ce soir, The Cranberries ont été sincères… Merci à eux…
Des surprises, plus ou moins positives
Pour conclure cette article sur le concert, quelques surprises que j’ai eu ce soir :
J’ai d’abord été étonné de voir la pêche qu’avait la chanteuse durant
tout le concert. Cheveux très court, pantalon moulant rouge, elle apparait en garçon manqué et donne la pêche rien que par son occupation sur la scène. Alors que les quatre musiciens restent plus discrets (sans pour autant se restreindre au moment de jouer), Dolores O’Riordan, en revanche, court sur la scène, saute, crie, et interagit avec le public. Elle a une pêche d’enfer… Vraiment impressionnant…
Autre surprise, c’est la qualité de sa voix. Ce timbre qui fait que les Cranberries sont les Cranberries… et qui n’a pas changé au fil des années. Sur le morceau « You and Me » par exemple, elle installe un petit tapis de sol et interprète ce titre, couchée sur ce tapis, les pieds vers la batterie, et la tête pendante dans le vide. Ce qui lui permet de voir le public… à l’envers… Et pourtant, sa voix n’est pas du tout altérée malgré cette position plutôt inconfortable. Elle va dans les aigus, les graves avec une telle facilité… que ça en devient presque énervant ;-)
Autre performance, lorsqu’elle s’accorde un bain de foule sur « One to my Family ». Des dizaines de main la tire vers un public déchainé et elle, tout en résistant, continue de chanter ce joli morceau, avec sa voix toujours aussi pure et juste…
Surpris aussi de voir avec quelle facilité le groupe a su enchainé des morceaux très électrico-rock, avec des ballades plus calmes. On a ainsi eu droit à Zombie ou Salvation, entrecoupés de titres plus doux, comme « Dreaming My Dreams » (où la voix de Dolores est de nouveau bien mise en valeur). Quant-au morceau « Empty », de l’album « No need to Argue » : je n’étais pas très fan de ce titre, dans sa version studio. Mais ce dernier prend énormément de valeur en concert, lorsque la voix de la chanteuse résonne dans le Zenith, alors silencieux et sous le charme. Un charme mis en valeur par la guitare acoustique… mais surtout le son des violons, malheureusement synthétisés (on aurait préféré un vrai ensemble de cordes… mais bon).
Petite déception en revanche, pour le son du Zenith. Je m’étais déjà fait la remarque il y a quelques années, lors d’un concert d’Indochine. Le son du Zenith de Lille n’est pas top. Ainsi, aujourd’hui, que ce soit pour « Outside Royalty » ou « The Cranberries », on a eu droit à des aigus de la guitare électrique beaucoup trop puissants et en revanche, un manque de basse. Et sur un morceau comme « The Animal Instinct », ne pas avoir un bon son de bass manque terriblement, et enlève un peu de relief à ce morceau pourtant très bon… Dommage… Car je pense que le Zenith est capable de faire bien mieux, niveau son…
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